Le Blog des Visiteurs

“La démocratie n’est qu’un rêve: elle devrait figurer dans la même catégorie que l’Arcadie, Saint Nicolas et le Paradis.” (Henry Louis Mencken)

Je ne peux pas voter parce que la démocratie ne fonctionne plus.

D’abord elle est née (ou renée) dans un contexte de révolution industrielle: créée par et pour une conscience capitaliste lorsque celle-ci se substituait lentement à celle de l’hiérarchie féodale inspirée, entre autre, par l’Eglise catholique; ensuite adaptée à l’évolution sociale due à l’émergence de mouvements d’émancipation de minorités désavantagées et à la Déclaration universelle des Droits de l’Homme; évolution à travers laquelle la conscience elle-même entrait de nouveau en métamorphose et s’appropriait des valeurs telles que l’équivalence de tous les êtres humains.

L’exportation de ce processus essentiellement et proprement européen a été extrêmement limitée (aux Etats-Unis d’Amérique surtout); les tentatives d’imposer la (notre) démocratie à des peuples dotés d’autres qualités de conscience et qui ne sont pas passés par le processus en question ont été vouées à l’échec (on l’a vu et on continue à le voir dans maints pays d’Afrique et d’Asie). En effet, c’est essentiellement la qualité de la conscience de la majorité d’une population qui en dicte la ou les formes de gouvernance possible(s). Autrement dit: Une société tribale ne peut pas vivre suivant les principes de la démocratie, et il serait présomptueux et injuste d’essayer de l’y forcer.

Même dans un contexte socioculturel auquel elle est adaptée, la démocratie a tendance à échouer: comme système de gouvernance, elle choisit la représentation, qui suit la régression naturelle des valeurs d’une population en l’absence de défis externes majeurs; pour représentants, elle attire ceux et celles qui cherchent le pouvoir, la dichotomie, et qui tôt ou tard succombent à l’opportunisme, réalisant — ou empêchant – n’importe quoi pour satisfaire les désirs de leur électorat issus de cette régression – indépendamment des implications à moyen ou long terme de leurs décisions. “La démocratie n’arrête pas de nous taquiner avec le contraste entre ses idéaux et ses réalités, entre son potentiel héroïque et ses tristes exploits.” (Agnes Repplier)

Donc, bien que j’apprécie les libertés qu’elle confère, je ne pense pas que la démocratie soit la panacée pour notre monde, d’autant plus que, côté devoirs et responsabilités du citoyen, elle laisse beaucoup à désirer. “De toutes les formes de gouvernement et de société, celles composées d’hommes et de femmes libres sont, sous maints aspects, les plus fragiles. Elles offrent la plus grande liberté pour les activités de personnes et de groupes privés qui identifient souvent leurs propres intérêts essentiellement égoïstes au bien-être général.” (Dorothy Thompson)

D’autre part, la société euroaméricaine actuelle est bouleversée par des changements si rapides (et non seulement en termes de technologie) que sa conscience collective a déjà franchi de nouvelles étapes, et qu’à présent les besoins de gouvernance d’une minorité de plus en plus importante de citoyens se situent bien au-delà des règles et conditions de la “bonne vieille démocratie”. “Quand de grands changements s’opèrent dans l’Histoire, quand des principes importants sont impliqués, en général la majorité a tort. La minorité a raison.” (Eugene V. Debs)

En fait, le système des partis politiques qui se combattent artificiellement avec des interprétations souvent aussi valables les unes que les autres de la vérité, le choix limité imposé à l’électeur par l’existence de quelques candidat(e)s aspirant au pouvoir (et souvent à une belle paie) sans devoir vraiment prouver leur compétence, et les notions de majorité et d’opposition ne sont plus aptes à faire face à la complexité et à l’urgence des défis écologiques, socioéconomiques et culturels de notre ère. “Apparemment, une démocratie est un endroit où se tiennent de nombreuses élections très onéreuses sans sujet et avec des candidats interchangeables.” (Gore Vidal)

Les qualités de la conscience intégrale qui est en train d’émerger, prévue et décrite par des auteurs exceptionnels comme Jean Gebser, Sri Aurobindo, Peter Russell, Fritjof Capra, Ervin Laszlo, Claire Graves, Don Beck et Ken Wilber, soutenue et accelérée par les moyens de communication extraordinaires du 21e siècle, requièrent une toute nouvelle forme de gestion des affaires humaines (y compris les ressources dont elles dépendent): une forme plus complexe, plus axée sur la coopération, la participation, la responsabilité, l’expérience et la compétence, plus universelle, plus spirituelle aussi.

“La politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde.” (Paul Valéry)

Autant de raisons pour lesquelles je m’abstiendrai du vote.

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Comments

  1. Bonjour,

    je comprend votre point de vu mais que faites vous de là menace du front national , peut – etre que la segonde guerre mondial ne nous à pas servit de leçon , on se dit que ce n’ai pas grave qu’il n’existe pas , voir n’existeras jamais politiquement tenter si bien qu’il auras toute la place qu’il veux d’ici quelque temps si on se met tous à ne plus voter , les élécteurs du front national eux n’oubli jamais d’y aller !
    On se s’ en sort bien heureusement grace à ceux qui en on conscience mais cela va t-il durer !
    D’autant que les informations sur les diverses violences font grandir l’extreme droite dans l’esprit des gens !
    Alors je comprends la démarche d’éssayer de sortir de ce système capitaliste mais je pense personnellement que ne pas voter n’est pas la solution !

    aurevoir à très bientot !

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